Principes fondamentaux de l'analyse pushover
Idée de départ
- Les méthodes d’analyse linéaire (analyse modale spectrale, méthode des forces équivalentes) permettent de dimensionner une structure sous actions sismiques.
- En cas de séisme violent, les éléments structuraux peuvent :
- se fissurer,
- entrer en déformation plastique,
- perdre de la rigidité.
- Ces phénomènes ne sont pas représentés correctement par les analyses linéaires classiques.
- L’analyse pushover intègre ces effets via une approche non linéaire, afin d’estimer de façon plus réaliste :
- la capacité de la structure,
- son comportement sismique sous actions extrêmes.
Références et nomenclature normative
Selon les normes, l’analyse pushover apparaît sous différentes appellations :
- Eurocode 8 : analyse statique non linéaire (poussées incrémentales) ; analyse par poussées incrémentales (pushover) ;
- RPA-2024 (Maroc) : Méthode dite « Pushover » (poussée progressive) ;
- NSR-10 (Colombie) : méthode d’analyse statique non linéaire de plastification progressive ; procédure « Pushover » ou de plastification progressive.
- NC-2017 (Cuba) : analyse statique non linéaire par pushover à charge incrémentale.
- CFE-08 (Mexique) : analyse non linéaire sous charge monotone croissante, également appelée méthode de poussée ou pushover.
- NSRM-2021 (Managua) : « …des charges latérales croissantes qui poussent progressivement la structure jusqu’à ce qu’elle atteigne son déplacement ultime. »
- R-001 2011 (République dominicaine) : méthode statique de poussée progressive (pushover).
Fonctionnement de l’analyse pushover
- Analyse statique non linéaire avec contrôle par déplacements :
- application progressive d’une distribution de charges latérales ;
- poursuite jusqu’à atteindre un déplacement cible au nœud de contrôle (souvent proche de 5 % de la hauteur de la structure) ou jusqu’à l’effondrement.
- Prise en compte des non-linéarités des matériaux par définition de rotules plastiques, permettant de simuler :
- fissuration,
- plastification,
- dégradation progressive de la rigidité.
- Calcul réalisé par la méthode des déplacements :
- imposition d’incréments successifs de déplacement au nœud de contrôle ;
- calcul des forces nécessaires pour atteindre chaque incrément.
- Différence avec une analyse non linéaire en contrôle par forces :
- application d’incréments de charge jusqu’à une charge cible (au lieu d’imposer des déplacements).
- application d’incréments de charge jusqu’à une charge cible (au lieu d’imposer des déplacements).
- Résultat principal : courbe de capacité entre cisaillement basal et déplacement du nœud de contrôle.
Cette courbe sert à :- repérer la perte de rigidité,
- estimer la capacité portante,
- analyser la séquence d’apparition des rotules plastiques.
- Informations complémentaires fournies :
- mécanisme d’effondrement,
- comportement sismique attendu,
- détection de comportements fragiles,
- vérification d’objectifs de conception basés sur les performances.
| Note : |
|---|
| L’approche la plus complète reste l’analyse dynamique non linéaire dans le temps, capable de reproduire la réponse de la structure à un enregistrement sismique réel, pas à pas. Ce calcul est toutefois plus coûteux et plus complexe d’un point de vue informatique. L’analyse pushover fournit une approximation pertinente du comportement structural, avec un coût de calcul nettement inférieur. |